Connaissez-vous le Dicthographe ?

Le Dicthographe est un dictionnaire qui aide à trouver les mots. Ce journal de bord relate sa progression et les prolongements qu'il suscite.

samedi 16 avril 2016

Mieux vaut zapper.

 L'article L. 3511-7-1 du code de la santé publique stipule qu'il est interdit de vapoter dans les établissements scolaires et les établissements destinés à l'accueil, à la formation et à l'hébergement des mineurs, les moyens de transport collectif fermés et les lieux de travail fermés et couverts à usage collectif. Avec l'inévitable utilisation d'un présent à valeur de futur ou d'incertitude : « Un décret en Conseil d'Etat fixe les conditions d'application du présent article. »
 Autant interdire aux hommes politiques de baragouiner...
 On voit ici l'utilisation hasardeuse d'un mot récent et mal défini. Cette publicité montre que certains l'ont compris : "À vos marques. Prêts. Vapez. Des plaisirs prêts à vaper." La connotation moins familière ou surtout moins péjorative de vaper par rapport à vapoter (et pourquoi pas vapouiller, vapisser, vaputer, vapocher, vapailler...) montre que l'argumentation "c'est moins pire que le tabac" cède le pas à une incitation directe pour les non-fumeurs.
 Les dérivés vont entrainer une inflation de calembours : à toute vapeur, à voile et à vapeur, vapeur et sans reproche. Il faudra distinguer la vape et une vape, une situation louche, suspecte, et utiliser le féminin vapeuse.
 On peut donc reprocher à l'innombrable cohorte de législateurs de s'être conformée à un usage trop récent en ne précisant pas "l'utilisation de la cigarette électronique ou d'un dispositif similaire".
 Cependant pourquoi avoir encore cloné des textes législatifs ? Après les errements consécutifs à cette innovation, pourquoi distinguer fumer et utiliser une cigarette électronique ? Il suffirait d'ajouter dans les textes existants après fumer : du tabac ou d'autres substances.

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